Retour sur 20 ans de « je t’aime moi non plus » entre OTAs et hébergeurs

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20 ans de je t'aime moi non plus entre hébergeurs et OTA

L'historique et les conséquences du numérique dans l'hébergement touristique

  • 1996 : création de Booking.com et Expedia
  • 1998 : Création de Google
  • 2000 : Création de TripAdvisor
  • 2004 : Google crée les Adwords (liens publicitaires)
  • 2006 : 54% des foyers français ont un ordinateur personnel et 42% seulement une connexion internet (source INSEE)
  • 2008 : Création d’Airbnb (2010 : grande levée de fonds)
  • 2011 : Condamnation d’Expedia et TripAdvisor pour mentions trompeuses
  • 2012 : Ouverture du bureau Airbnb à Paris
  • 2013 : Création de l’Association des hôteliers Réservation en Direct (RED) et de sa market place de réservation en direct FairBooking
  • 2014 : Loi ALUR
  • 2015 : Accorhôtel lance sa market place qu’il abandonne en 2017 ; Loi Macron ; Expedia rachète HomeAway
  • 2016 : Loi pour une République numérique
  • 2017 : Les OTAs (« Online Tourism Agency » c'est à dire les agences de voyages en lignes) représentent 25% des réservations dans un établissement indépendant en France.

L'impact des plateformes sur les acteurs du tourisme

L’essor du digital a engendré pour les acteurs du tourisme un double mouvement : d’abord d’intermédiation via les plateformes (Booking, Expedia…) puis d’ubérisation (Airbnbisation des meublés puis de la restauration et des activités). Ce sont désormais l’ensemble des acteurs du tourisme qui sont concernés : hôtels, restaurants, activités, monuments nationaux, territoires... Même le Louvre et la Tour Eiffel !
Un sondage européen de l’Hotrec annonce 25% des réservations via des plateformes. Nous pensons que les chiffres sont bien supérieurs (plus proche de 50% dans les grandes villes où la concurrence est rude) avec un objectif de 80% d’ici 2020 (selon les chiffres donnés en off par les principaux moteurs de réservation).

Les conséquences économiques sont immédiates pour l’ensemble des professionnels du tourisme et affectent :
  • Nos rentabilités
  • Nos investissements
  • L’emploi
  • La qualité de nos produits et à terme la qualité de la destination France ! 
Aujourd’hui, les recherches d’hôtels, restaurants, activités… se font par mots clés à 83% et sur Google (99% de part de marché en Europe). 99% des résultats de recherches affichent un OTA sur les 3 ou 4 premiers résultats de recherche. En 5ème position arrivent les résultats de Google qui s’appuient sur ces mêmes OTAs. Résultat : la 1ère page de recherche sur Google est trustée par des géants américains et les internautes qui ne font pas la différence entre un lien publicitaire et un lien naturel sont 73% à faire une première recherche sur un OTA.

Bientôt 2 ans après l’abolition de la parité tarifaire, les clients semblent percevoir qu’ils peuvent trouver des tarifs moins chers en direct, même si pour les hôteliers le résultat est plus mitigé.

Côté client : « Depuis que les hôtels ont le droit de pratiquer des tarifs moins chers en direct, estimez-vous que les hôtels offrent des tarifs moins chers en direct ? »
    - Oui 66%
    - Non 35%
    (136 votes)

Côté Hôteliers : « La fin de la parité tarifaire a-t-elle permis d’augmenter vos réservations en direct ? »
    - Oui 55%
    - Non 45%
    (145 votes)

Les OTA rivalisent d’inventivité pour contourner la parité et pour augmenter leur part de marché :

  • Des outils pratiquement offerts pour pénétrer 100% du fichier client
    • Booking, Expedia et Airbnb proposent des outils de pilotage (yield management)
    • La Fourchette fourni un outil de relance par sms pour éviter les no show
    • Booking propose un site Internet aux hébergeurs avec son moteur de réservation intégré
    • Tous s’adressent aux OT, CDT, CRT pour proposer leurs outils et/ou leur visibilité et capter ainsi encore plus de commissions, de données et de part de marché.
  • Des comparateurs qui comparent des centaines de sites internet mais jamais les tarifs en direct
  • Des comparateurs qui affichent les 3 tarifs de leurs meilleurs partenaires mais pas les meilleurs tarifs
  • Booking qui affiche les tarifs pourtant confidentiels (Booking Genius) sur les comparateurs
  • Google qui va chercher des tarifs confidentiels de partenaires tour-opérateurs (Amoma)
  • Google qui supprime le numéro de téléphone des hôtels de leur fiche

Les freins pour plus de réservations en direct

Les sites internet des hôtels, restaurants, activités, etc : 

  • Se trouvent plus difficilement sur Google que leur fiche sur les plateformes
  • Sont tous différents alors que sur les plateformes l’information est toujours au même endroit
    N’ont généralement pas d’avis clients (alors que sur Booking, Google et Tripadvisor il y en a des centaines)
  • Sont vieillissants et moins tournés vers l’expérience client (UX) que les plateformes et donc convertissement mal (2,2% selon Fastbooking)
  • Ont un gros souci de sécurisation des données personnelles (normes PCI DSS)
  • N’intègrent que rarement du contenu actualisé sur la destination (que faire ce soir, ou aller dîner…)
  • Valorisent très mal le fait qu’ils pratiquent des tarifs moins chers en direct
  • Pour les indépendants, n’ont pas de programme de fidélité (Alors que sur Hotels.com ma 10ème réservation sera gratuite)

L'alternative Fairbooking

C’est pour proposer une alternative plus durable et éthique sur la réservation que l’association Réservation en Direct s’est crée à Nantes en 2013 et qu’elle a rapidement proposé un site internet de réservation en direct et sans commission www.fairbooking.com.
Comme il n’y a pas de commission, l’internaute obtient le meilleur tarif producteur et 100% de l’argent du tourisme reste sur le territoire.
Aujourd’hui Fairbooking compte bientôt 4000 hébergements inscrits dans 63 Pays et une communauté de milliers de clients (les Fairbookers).

En 2018 la plateforme s’ouvre à l’ensemble des acteurs du tourisme : restaurants, activités, petits producteurs ainsi qu'aux territoires.

FairBooking

La Coopérative d’intérêt Collectif FairCoop4Tourism

C’est sous la forme d’un SCIC que nous nous réorganisons et autour de laquelle nous avons besoin de votre soutien ! 

Pour en savoir plus, cliquez ici !